Que voir et visiter en Corse
Patrimoine, citadelles et sites préhistoriques
Ajaccio rassemble plusieurs lieux emblématiques liés à la figure de Napoléon. On y visite sa maison natale, le musée Napoléon installé dans l’Hôtel de Ville, la chapelle impériale et la cathédrale, avant de rejoindre les places Charles de Gaulle et Austerlitz puis le château de la Punta, ancienne demeure des Pozzo di Borgo, qui rappelle le passé aristocratique de la région. À Bastia, la silhouette de la citadelle du XVème siècle se découpe sur la mer, tandis que l’église Saint Jean Baptiste, édifiée aux XVIIème et XVIIIème siècles, domine le Vieux Port et ses façades colorées.
Plus au sud, Bonifacio séduit autant par ses remparts que par son surprenant cimetière marin, posé face au large, véritable village de chapelles blanches suspendu au dessus de la mer. À Cargèse, l’histoire singulière du village se lit dans la présence de deux églises, l’une latine, l’autre grecque, qui se font face et témoignent de la rencontre entre communautés. Du côté de Sartène, le site de Cauria et ses mégalithes permettent de remonter le temps: dolmens, alignements de Renaggiu et de Palaggiu et menhirs dressés composent un paysage préhistorique d’une grande force.
Corte, au cœur de l’île, offre une découverte plus politique et identitaire avec sa citadelle plantée sur un éperon rocheux, son vieux quartier et ses places Paoli et Gaffori, marquées par la mémoire des grandes figures corses. À Filitosa, l’un des sites préhistoriques majeurs de Méditerranée, les vestiges exceptionnels de dolmens et de menhirs sculptés rappellent combien la Corse est habitée depuis des millénaires. Omessa révèle une atmosphère plus recueillie avec son couvent et ses églises, nichés dans un paysage de moyenne montagne.
Sur la côte sud est, Porto Vecchio étale ses fortifications et le bastion de France au dessus du port, tandis que la porte génoise ouvre sur la vieille ville. Dans l’arrière pays, les sites archéologiques de Tappa, Sotta et Arraggio complètent la visite. Plus à l’intérieur des terres, Vico se distingue par le couvent Saint François, lieu de mémoire et de spiritualité posé au milieu des collines.
Promenades, plages et grands espaces corses
Ajaccio est aussi un port de plaisance agréable, entouré de plages qui s’ouvrent sur le golfe. Depuis la ville, une escapade vers les îles Sanguinaires permet de découvrir au coucher du soleil l’un des panoramas les plus célèbres de Corse, lorsque les rochers se teintent de rouge sombre. Partout sur l’île, une multitude de plages déclinent sable blanc, criques de galets et eaux translucides, du sud extrême aux golfes de Balagne ou de l’Est.
Autour de Bonifacio, les falaises de calcaire laissent place à un littoral de grottes et de cavités marines que l’on explore en bateau. La visite des grottes marines, sous les parois sculptées par le vent et les vagues, offre une vision spectaculaire de la côte. Plus au nord ouest, le golfe de Porto et la baie de Girolata, ainsi que les calanques de Piana, dessinent un paysage de roches rouges plongeant dans la mer, classé parmi les plus beaux sites de Méditerranée.
À l’intérieur des terres, la forêt d’Aïtone couvre 2 000 hectares entre Évisa et la station de ski de Vergio, dans le haut bassin de Porto. Chemins forestiers, cascades, points de vue et vasques naturelles invitent à la randonnée et aux baignades en eau vive. Plus au sud, la plage de Roccapina, dominée par le fameux rocher en forme de lion, associe eau turquoise, sable blond et maquis parfumé, dans un décor quasi sauvage.
Près d’Aléria, les réserves naturelles des étangs de Diane et d’Urbino, célèbres pour leurs moules et leurs huîtres, abritent une faune et une flore remarquables. Sur la façade ouest, le Parc naturel régional et la réserve de Scandola, accessible uniquement en bateau depuis Calvi ou Porto, offrent un refuge à de nombreux oiseaux marins et rapaces, au milieu d’un relief volcanique spectaculaire. Vers Asco, la vallée et la réserve naturelle permettent de pratiquer le ski en hiver et de partir à la rencontre des bufflons, des vautours et d’une montagne encore très préservée.
Le cirque de Bonifacio et ses forêts voisines prolongent l’aventure grâce à des sentiers balisés, qui croisent notamment le tracé du GR20, fameux itinéraire de grande randonnée. Plus au nord, le Monte Cinto, plus haut sommet de Corse, attire les amateurs d’escalade et de haute montagne, avec en prime la possibilité de plonger dans les eaux de son lac. À partir de Corte, les gorges du Tavignano et de la Restonica entaillent profondément la montagne et offrent des paysages de torrents, de vasques et de forêts propices aux promenades et aux randonnées.
La forêt de Vizzavona, réputée pour ses torrents, cascades, fontaines et nombreux sentiers, constitue l’un des grands poumons verts de l’île et abrite plusieurs auberges où l’on peut faire étape. Porto Vecchio attire quant à elle par son golfe, ses plages parfois dédiées aussi au naturisme, et par ses anciens marais salants qui rappellent l’histoire économique de la ville. Un peu plus à l’ouest, Propriano conjugue port de pêche, port de plaisance et plages situées directement en ville, qui permettent d’alterner balades en mer et moments de détente.
Autour de Sartène, la célèbre procession du Vendredi saint rappelle la profondeur des traditions religieuses, tandis que le petit port de Tizzano et la plage de Sartène, très appréciée des plongeurs, ouvrent sur un littoral intime, fait de criques et de rochers. Entre mer, montagne, forêts et villages, la Corse compose un territoire de découvertes inépuisables, où chaque détour de route révèle un paysage nouveau.
La sélection du mois : U Trinighellu, le petit train Ajaccio – Bastia
U Trinighellu est une pittoresque micheline qui relie, à allure tranquille, Ajaccio à Bastia en traversant l’île par l’intérieur. Sur environ 160 kilomètres de voies ferrées, la rame franchit cols et vallées, grimpe jusqu’à 1 000 mètres d’altitude et serpente au milieu de montagnes escarpées, de gorges profondes et de forêts sombres. Le trajet, qui dure environ quatre heures, laisse tout le temps d’admirer les paysages spectaculaires que la route ne permet pas toujours de voir.
Le train marque plusieurs escales, notamment à Bocognano, d’où l’on peut admirer le « voile de la mariée », considérée comme l’une des plus belles cascades de l’île. Il s’arrête aussi à Corte, au pied de la citadelle et au croisement des vallées du Tavignano et de la Restonica, puis à Ponte Leccia, nœud ferroviaire où l’on peut emprunter une autre micheline en direction de Calvi. Entre tunnels, viaducs et panoramas inattendus, ce voyage offre une manière unique de traverser la Corse en prenant le temps, au rythme heurté mais charmeur du petit train. Pour le voyageur qui n’est pas pressé, U Trinighellu devient une véritable expérience, autant qu’un moyen de transport.